Des chiens dans les hôpitaux

Les hôpitaux ne sont pas les lieux les plus gais qui soient, mais le Royal College of Nursing (RCN), un syndicat qui représente les infirmiers et infirmières du Royaume-Uni, aimerait les enjoliver à l’aide de créatures à quatre pattes, comme l’explique The Independent. En décembre 2016, le RCN a mené un sondage sur 750 infirmier(e)s, et les résultats sont sans appel: selon 82% d’entre eux, les animaux aideraient les patients à être plus actifs, et pour 60%, ils accéléreraient la guérison. Le syndicat a donc annoncé le 21 juin le début d’une réflexion sur l’élaboration d’un grand protocole national visant à encourager les hôpitaux britanniques à «engager» des chiens au service des patients et du personnel hospitalier. Les bienfaits de la thérapie par le chien     Les chiens ont des effets très bénéfiques sur les hommes, comme l’explique Mother Nature Network. Remonter le moral des patients, leur faire penser à autre chose que la maladie, diminuer le stress et l’anxiété à l’approche d’une opération ou de résultats médicaux et même accélérer la guérison… caresser un chien peut être un véritable médicament. Les infirmiers et travailleurs hospitaliers du RCN interrogés dans le sondages affirment avoir de nombreuses anecdotes à raconter concernant l’efficacité du contact avec les chiens pour les patients. Malheureusement, la plupart d’entre-eux déplore le fait que leurs hôpitaux refusent d’accepter les chiens. Selon Amanda Cheesley, membre du RCN en charge de diriger l’élaboration du plan national, ce refus vient surtout de la peur que les chiens répandent des maladies et soient à l’origine d’infections. En réponse à cette démarche du Royal College of Nursing, Michele Hanson, chroniqueuse pour le Guardian, a publié le 22 juin un appel à autoriser les compagnons à quatre pattes auprès des malades: «Les hôpitaux doivent accepter les chiens, et tous les autres animaux qui peuvent aider les patients. Tant qu’ils sont calmes et entraînés, ils peuvent apaiser et aider à la guérison mentale et physique (…). Quand ma mère avait 97 ans et que je la croyais sur son lit de mort, incapable de parler ou de bouger, je lui ai donné monnouveau chiot. En l’espace de quelques jours, elle avait totalement changé: elle riait et elle mangeait. (…) Il n’y a pas de meilleure distraction qu’un chien.»     Même si les hôpitaux qui tentent les thérapies canines sont peu nombreux, les rares expériences sont concluantes et montrent que la présence de chiens joue énormément sur notre santé. À l’hôpital pour enfant de Southampton au Royaume-Uni, cela fait cinq ans que des thérapies canines sont proposées. Lyndsey Uglow, maître-chien et propriétaire de quatre golden retrievers, visite trois fois par semaine les jeunes patients de l’hôpital avec ses protégés poilus. Ayant été témoin des résultats incroyables du contact des enfants avec un chien, elle participe avec le RCN à l’élaboration de règles simples pour préparer leur arrivée dans les hôpitaux du Royaume-Uni. De l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis, le programme Pet a Pooch («caresse un chien») existe depuis 2013 à l’hôpital de l’Université de Pennsylvannie. Le but: permettre aux médecins et infirmier(e)s, souvent sujets au stress, de caresser des chiens durant leurs -courtes- pauses. Heather Matthew, l’infirmière qui a lancée ce programme, affirme que la présence des chiens «fait une énorme différence sur le niveau de stress et le moral des médecins urgentistes».